lundi 4 octobre 2010

J'ai soupé avec Aglaée



Je suis passée au lac après le travail, Aglaée était toujours là, seule. Elle faisait sa toilette.



- Ça te dis que je vienne souper avec toi ? Je suis seule aussi ce soir. Je vais me faire un sandwich et je reviens.

Elle semblait surprise par ma proposition.



Quand je suis revenue, elle est sortie lentement de l'eau.



- Pourquoi t'es ici toute seule ? Tu ne sembles pas avoir mal à une patte... ce sont tes ailes qui ont un problème ?

Comme pour me rassurer, voilà ce qu'elle a aussitôt fait.



Elle m'a suivi des yeux pendant que j'allais m'installer sur une roche pour prendre mon repas.



Bon appétit! qu'elle a gloussé avant de se mettre à table.





Il était à peine six heures quand elle s'est couché, me signifiant, par la même occasion, qu'il était temps pour moi de rentrer.

J'ai compris le sens de l'expression "Se coucher à l'heure des poules".



Ce matin, elle était toujours fidèle au poste. J'y retourne après le travail. J'aimerais bien la voir s'envoler avec ses comparses.

Des nouvelles de la Bernache...

...que nous avons baptisée Aglaée.

Je suis retournée au Lac hier soir, elle y était toujours.



C'est tellement étrange qu'elle reste là, seule. Elle semble marcher normalement, ses ailes aussi me semblent normales... je ne les ai pas vues se déployer mais elle les a légèrement soulevées quand elle a sursauté parce que j'ai éternué alors que j'étais près d'elle.

Je me suis assise sur une roche et je l'ai regardé manger de l'herbe pas loin de moi. On dirait qu'elle mange le gazon de façon compulsive... le type de compulsion qui arrive lorsqu'on fait un régime draconien depuis des jours et qu'un gâteau ou un sac de chips nous atterri soudainement dans les mains.

Aglaée est futée... si je m'approche trop, elle avance doucement vers le lac et si je continue, elle va à l'eau - pas question que je la suive là à cette température! Quand elle voit que me m'éloigne suffisamment elle sort de nouveau.

Ce matin j'étais inquiète car la nuit dans mon bois, il y'a des coyotes et dans mon coins il y a aussi des p'tits gars de tout âge avec des carabines.

Je suis retournée au lac avant d'aller au boulot. Elle y était toujours. Elle était couchée. En m'entendant arriver, elle a dressé le cou (j'ai remarqué qu'elle faisait ainsi chaque fois qu'il y avait un son inhabituel), elle m'a regardé, a reconnu moi ou mon appareil photo, je sais pas, puis a recommencé à manger compulsivement l'herbe autour d'elle.



J'ai continué à m'approcher car je voulais savoir si elle pouvait se lever ou pas. Elle s'est levée sans difficulté dès que j'ai franchi le 10 pieds de distance qu'elle m'avait signifié être la limite la veille.

J'ai eu envie de lui apporter des grains de maïs et de blé au cas où elle manquerait de force pour s'envoler mais j'ai eu peur justement que la nourrir l'empêche justement de partir.



J'y retourne après le travail... j'aimerais bien la revoir mais j'aimerais encore mieux qu'elle se soit envolée.

dimanche 3 octobre 2010

Madame Rose a cuisiné...

... un potage coloré.


-Que dirais-tu d'une recette de potage aux pommes? me demande Madame Rose en refermant le grand livre de recette de La Courgerie.
-Ça me semble un peu étrange comme recette vous ne trouvez pas ?
-Qui n’essaie pas ne sait pas, qu'elle ajoute en riant.



- Tout ce dont nous avons besoin se trouve à proximité, répète souvent Madame Rose... pour cette recette, nous avons effectivement trouvé tout ce qu'il nous fallait...dans les jardins.



- Petite, je n'ai jamais mangé de courge autre que la citrouille qu'on retrouve partout à l'Halloween et qui ne goûte pas très bon, que j'ai confié à Madame Rose, l'utilisation des cucurbitacées ne faisait pas partie de ma culture alimentaire.
- Tu sais que depuis longtemps, partout dans le monde, elles sont utilisées comme aliment ou pour leurs effets sur la santé.



- Les courges sont un peu difficiles à peler mais facile à conserver et à cuisiner. De plus, il y en a une multitude de variétés à découvrir; et chacune a son goût particulier. Faut oser explorer !



Voici une délicieuse explosion de douceur, de saveur et de couleur.



Bon appétit !

samedi 2 octobre 2010

Une surprenante rencontre

Une armée de petits virus du rhume avait profité d'un moment de grande fatigue pour m'envahir... j'ai passé l'avant-midi au lit... à boire des infusions, manger de la soupe peu consistante et faire pitié.

En fin d'après-midi, je trouvais que j'avais assez fait pitié, j'ai accepté l'invitation de la Fée du Lac d'aller marcher dehors. Un peu d'air frais ne pouvait me faire que du bien et revigorer mes anticorps.

J'apporte mon appareil photo histoire de capturer les images des dernières couleurs d'automne car dans peu de temps les arbres seront dénudés.

On marche jusqu'à la plage et là... surprise !



Une oie sauvage, une bernache du Canada... seule, sans amis.

- T'en as déjà vu une de si près ?
- Jamais et toi ?
- Jamais non plus... on s'approche ?



Et là, si quelqu'un avait filmé la scène, ça aurait été très rigolo, digne de Youtube sûrement. Quand l'oie penchait la tête pour manger de l'herbe, on faisait un ou deux pas en avant; dès qu'elle relevait la tête, on s'immobilisait, pile dans la position où on se trouvait, comme des statues et quand en plus elle s'étirait le cou ben là on arrêtait carrément de respirer.

De petit pas en petit pas, on s'est approché.



- Tu crois que ça attaque une Bernache ?
- Je sais pas
- Moi non plus... mais j'y pense... l'Amie fermière nous avait raconté que ses oies domestiques étaient aussi gardiennes que des pitbulls... j'imagine que c'est la même chose pour les oies sauvages...
- Je vais m'approcher plus près, dit la Fée du Lac
- Et si elle t'attaque... je fais quoi ? Je vais à ton secours ou bien je prends des photos ?
- Quelle question ! Évidemment que tu prends des photos !
- Évidemment...



- Comment ça se fait que tu es seule ? Es-tu blessée ? Es-tu malade ? qu'on lui demandait en s'approchant. Elle nous a laissé avancer jusqu'à environ une dizaine de pieds (moins de trois mètres) puis nous a signifié par un gloussement que nous étions assez près. Nous avons respecté le signal.

Je suis revenue à la maison l'âme réjouie de ce moment privilégié.





mercredi 29 septembre 2010

Au retour du travail...

...je me suis arrêtée pour faire quelques photos.

J'aimerais tellement arriver à capturer l'intensité des couleurs d'automne mais les photos ne leur rendent pas hommage... elles ont l'air fades à côté de ce que je vois mais je persévère... j'y arriverai peut-être.

Aujourd'hui ce sont des champignons qui m'ont fait de grands signes pour que je les prennent en photo. Moi! Moi! Moi! ont dit en coeur les trois amanites. D'accord, je vous prends en photo mais pas question de vous cueillir.

Le dernier que j'ai vu (la première photo) me faisait beaucoup penser à ce que la dame polonaise appelle "le bolet escargot" à cause de la substance visqueuse qui le recouvre. En levant les yeux un peu plus loin j'en ai vu tout un troupeau et un autre et encore un autre. Il y en avait partout. Je débordais d'enthousiasme devant une telle abondance.

Je suis retournée à l'auto, j'ai conduit jusque chez la dame polonaise.

- Alinka ! Entrez, entrez !
- Je ne peux rester, je viens seulement vous donner une information que je lui dis toute excitée. Il y a des tonnes de champignons comme vous cueillez près du lac... regardez, j'en ai pris un en photo... c'est bien cela que vous cueillez n'est-ce pas?
- Oui, bolet escargot... vous ramasser? qu'elle demande.
- Non, moi photographier, vous ramasser... pour vous, que je réponds avec un étrange accent spontané qui me surprends.
- Vous asseoir, qu'elle dit.
- Non, je dois retourner travailler, je passais simplement vous donner l'information.

Elle m'a alors offert un plat cuisiné de champignons encore tout chaud.

J'ai refusé. Je sais le temps que ça prend pour cueillir tout ça, tout vérifier, tout nettoyer et pour ces champignons je sais qu'elle enlève doucement la petite membrane gluante sur chacun. La veille, elle s'était couchée à minuit parce qu'il est hors de question de gaspiller... on cueille, on transforme, qu'elle m'avait appris. On doit pas gaspiller cadeaux de la Nature, qu'elle avait dit d'un ton très formel quand elle m'avait initiée à la cueillette.

- Pas poli refuser cadeau, qu'elle a dit en me tendant le plat avec un sourire absolument charmant.

J'ai accepté et... je me suis régalée !









Vous devez ressentir le plaisir dans votre corps...

...m'a dit un parfait inconnu ce soir.

J'explique ?

Chaque mardi après le boulot, je vais dans un petit resto que j'adore pour manger une salade, histoire de ne pas arriver le ventre vide à mon cours de danse.

À l’heure où j’y vais, juste un peu avant la fermeture, c’est habituellement tranquille, il y a peu de clients. Ce soir, il n'y en avait qu'un seul, un grand mince avec un drôle de chapeau.

- C'est ton cours ce soir ? me demande la jeune femme du resto pour faire la conversation.

- Oui, et j'te dis que j'travaille fort parce que dans ce cours y’a des danseuses professionnelles et des professeures de danse... si j'veux pas avoir l'air empotée j'ai d'affaires à mettre les bouchées doubles (mais pas dans la bouffe) pour lever bien haut la jambe, étirer le bras dans un mouvement gracieux, faire des pirouettes aussi bien qu'elles. Tu sais, c'est pas évident de tourner sur soi-même quand t'as les pieds moites pis que tu mets tout ton poids sur une jambe... je suis pas un poids plume.

C'est là que l'homme s'est retourné, m'a regardée dans les yeux et a dit d'un ton calme: Laissez faire les autres, vous devez vous centrer sur l'émotion et simplement ressentir le plaisir dans votre corps. J'étais encore sous la surprise de son commentaire quand il a ajouté en se levant: Et pour les pirouettes, l'idée c'est de garder le focus visuel sur un point, comme ça, qu'il a dit en pirouettant trois tours avec beaucoup d'exactitude et de prestance.

J’étais fortement impressionnée par cette démonstration totalement inattendue.

- Vous êtes danseur ?

- Je l'ai été... danse contemporaine, je crois qu'il a dit. J'ai dansé avec... (et là demandez-moi pas le nom, comme je n’en connais aucun, alors je ne l’ai pas retenu) mais au Québec c'est difficile d'en vivre alors j'ai laissé il y a 8 ans.

La jeune femme du resto, ce gars, une cliente qui venait de se joindre à nous et moi avons jasé avec passion de salsa, gumboot, danse africaine, Hip Hop, etc. C'était tellement intéressant que j'ai oublié de partir et que j'ai bien failli arriver en retard à mon cours.

Laissez faire les autres, que je me répétais en me concentrant sur les mouvements nouveaux, ressentir le plaisir dans son corps que je me disais aussi tout en essayant d’acquérir vitesse et précision. Je réalisais que je n'étais pas du tout dans mon corps mais plutôt dans ma tête, plus précisément dans les méandres de ma mémoire à la recherche des derniers enchaînements qu'on venait tout juste d'apprendre.

C’est en regardant ma professeure de danse exécuter les mouvements que j’ai compris ce que le gars du resto avait tenté de m’expliquer. Elle est tellement dans son élément... vous devriez la voir... elle est complètement transformée dès qu'elle danse... on dirait presque qu'elle est en transe... ce n’est pas son bras qu’elle bouge, c’est tout son corps et son âme qui bouge à travers son bras. C'est TELLEMENT beau de la voir danser qu'à deux ou trois reprises ce soir j'étais si fascinée que j'ai simplement oublié... de danser. J'étais là, plantée comme une codingue au milieu du groupe de danseuses, immobile, les yeux écarquillés, peut-être même que j’avais un coulis de bave... je devais être belle à voir !





dimanche 26 septembre 2010

JAVA

A CAPPELLA

Aujourd'hui à l'église anglicane Christ Church, à Saint-André-d’Argenteuil, j'ai eu l'immense privilège d'assister gratuitement, dans le cadre des journées de la Culture, à une performance de très haute qualité du Quatuor Vocal Java.

Quatre femmes très talentueuses avec des voix absolument extraordinaires, une complicité remarquable et un dynamisme contagieux ont interprété a cappela des pièces qui m'ont émue, qui m'ont rappelé des souvenirs, qui m'ont fait sourire et même rire bref, qui m'ont complètement charmée, j'étais en-chantée.

Java - Retenez ce nom - Si vous avez la chance aller les voir en spectacle... je vous assure qu'à votre tour vous serez en-chantés.