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mercredi 9 mai 2012

Deux hommes et un orignal

 En me rendant à l'épicerie
chercher de quoi faire le souper,
j'ai revu la femelle orignal dont je vous avais parlé
il y a quelques jours.


Elle n'était pas tout à fait au même endroit.  

J'étais à environ 30 pieds (un peu plus de 9m) de la bête.
Je ne désirais pas m'en approcher plus,
pas question de la déranger.

C'est aussi, je dois l'avouer, parce que j'avais  un peu la trouille.  
Elle était plus près du chemin et cette fois
aucun marais ne nous séparait.


Pas question de la "caller".



J'étais seule avec elle.
Je lui parlais doucement, 
je prenais des photos
je faisais des vidéos.


Une auto s'est arrêtée.

Eille!  Tu photographies quoi? 
me crie un homme en sortant la tête de son auto.

Ce "Eille!" ne me plaisait pas du tout.

Un orignal, que je lui répondit tout bas,
pour, de un, ne pas effrayer la bête et
de deux, lui signifier de faire moins de bruit.

Où ça? Où ça? demande-t-il sans baisser le ton.

Juste là, devant moi, que je murmure.


Cool! dit-il en débarquant de son auto et en claquant la porte.
Je peux m'approcher?  dit-il en se dirigeant vers la bête.

C'est mieux pas.

Je peux m'approcher?  
C'est un bébé?  C'est une femelle?  
Je vais lui faire peur pour qu'il s'en retourne dans le bois,
ajoute-t-il en sautillant partout et en se dirigeant vers elle.  
C'est dangereux? Je peux m'approcher?

Ce n'était pas de l'enthousiasme,
c'était un manque total de respect.
Il m'énervait royalement.  

C'est très dangereux.  Il va te charger,  
peut-être même te piétiner, te défigurer,
lui répondis-je pour le décourager.


Avec un air déçu il est reparti vers son auto.
Il a embarqué et...
il a klaxonné plusieurs coups.
Biiiiiiiip Biiiip Bi Bipppppppp Biiiiiiiiip

Avoir eu ma baguette de fée,
je lui en aurais volontiers asséné un coups derrière la tête. 

Je me suis retrouvée de nouveau toute seule
avec l'orignal.  On est restée là, à se regarder.
Je trouvais qu'elle avait l'air fatiguée.


Un autre jeune homme est arrivé.
Mignon, sympathique, avec un beau teint, 
celui d'un gars qui travaille ou joue souvent dehors.

C'est pas normal qu'elle soit toujours là, 
chuchota-t-il en arrivant près de moi.
Ça fait des jours qu'elle traîne ici, elle est malade.

Elle est malade? 

Regardez son poil et ses pattes,
je crois qu'elle est pleine de tiques
et que maintenant elle a quelque chose au cerveau, ajoute-t-il.


Je croyais que ce poil était parce qu'elle était vieille, lui dis-je.
Non, c'est une femelle de 2 ans.

Il avait l'air de s'y connaître.

Il avait un super appareil photo,
mais il a réalisé que ses piles étaient mortes.
Je vais m'approcher, dit-il en s'avançant vers elle.
J'ai ensuite compris qu'il voulait la photographier
avec son cellulaire.

J'étais découragée. 
Pourquoi ce besoin de s'approcher toujours un peu plus?
Pourquoi ne pas  juste  la laisser tranquille?

Elle peut te charger tu crois?
C'est possible, répond-il en continuant d'avancer.  

Il avançait doucement, un pas à la fois.
Il "callait" la bête tout doucement aussi.
Des petits sons discrets, à peine audibles.
J'écoutais son call qui n'avait strictement rien à voir 
avec celui que j'avais improvisé quelques jours plus tôt.
C'étaient des sons courts, 
j'entendais presque...de la tendresse.

Il avançait de plus en plus,
toujours très très doucement.


À un moment, l'orignal s'est secoué la tête.
J'ai compris que ça signifiait 
qu'elle n'appréciait plus cette proximité.  
Qu'il était maintenant trop près. 
Je l'ai bien vu, je l'ai compris.


Le jeune homme aussi.
Il a fait un pas en arrière, puis un autre
et il est revenu lentement sur le bord de la route.
J'étais heureuse de sa réaction.


J'ai pris des photos, je peux te les envoyer, lui ai-je dit.
Quel est ton nom?  "Hunter"  a-t-il répondu.
(Hunter en français c'est... chasseur)

C'était tout de même curieux qu'entre les deux hommes
c'était le chasseur le plus respectueux,
et avec moi et avec la bête.

Salutations Hunter!

lundi 7 mai 2012

La Fée qui murmurait à l'oreille de l'orignal.

Alors que je roulais sur la 329 entre Morin Heights et Mille Isles, 
mon oeil a détecté quelque chose d'inhabituel au loin sur ma gauche.


Un orignal!  Un orignal!  Je viens de voir un orignal!
ai-je crié à la Fée du Lac.

Regarde dans le rétroviseur - personne en arrière,
trouve en moins de deux 
un endroit sécuritaire pour me stationner,
attrape mon appareil photo, 
débarque de l'auto, 
cours jusqu'au bord du marais.


Je n'avais pas la berlue, il y avait bien un orignal!


Chaque fois que je passais devant ce genre de marais,
je me disais que ce serait un bel endroit pour un orignal.
Ça faisait 3 ans que je n'en avais pas vu.
Mon excitation était à son comble!



 J'étais folle de joie!

Aujourd'hui, j'avais prévu de me reposer 
de la longue randonnée d'hier,
m'asseoir confortable pour lire,
mais je savais pertinemment bien que je n'y arriverais pas,
il y a des springs sur chacune de mes chaises,
j'arrive jamais à rester assise.


L'orignal m'a donné l'opportunité de le faire.
Je me suis assise dans le gazon,
et nous sommes restés là à nous regarder
durant un long moment.


J'étais fascinée par son calme.
Elle restait immobile... 
enfin presque.
De temps à autre, elle tournait la tête,
très lentement,
elle bougeait les oreilles
quand la Fée du Lac et moi lui disions 
qu'elle était belle.


 C'était un moment de quiétude incroyable.
Un moment vraiment privilégié.


Après une trentaine de minutes à l'observer,
nous avons décidé de partir.

Je dois vous avouer que j'ai eu une petite tentation
de contourner le marais par le bois 
pour m'approcher un peu plus,
pour la voir en mouvement,
 faire de meilleures photos.

Je me suis ravisée.
Elle nous avait fait vivre un moment magique,
pourquoi la déranger ?

Je lui ai simplement dit au revoir...
à ma façon et nous sommes reparties.

Ici... un petit vidéo de notre au revoir.


Vous avez aimé mon aventure?  N'hésitez pas à la faire connaître!

Passez une magnifique journée!










lundi 26 septembre 2011

Sur la piste des animaux...



Quand on se balade en forêt, nous ne sommes jamais seul.


Les Animaux y vivent en harmonie avec la Nature et les Créatures féeriques.  

Bien qu'on ne les voit pas toujours, ils sont là, ils nous observent.   

J'aurais aimé vous rapporter des photos de ces animaux magnifiques qui peuplent la forêt 
dans laquelle je vis mais je n'en ai croisé aucun aujourd'hui. 
 Par contre, je vous ai rapporté des photos qui témoignent de leur présence.

Ici, un grand pic est passé comme en fait foi ces gros copeaux de bois au pied de l'arbre.


Là, c'est l'oeuvre toute fraîche d'un castor de taille moyenne.


Les Bernaches du Canada ont fait une pause ici.


Une tortue a pondu à cet endroit. 
N'eut été du trou qui a attiré mon attention, j'aurais probablement 
passé à côté sans même m'en apercevoir.


Si je me fie à la quantité de petites coquilles 
et à la taille de celles-ci, 
madame la Tortue devait avoir une taille assez imposante.


Un chevreuil a emprunté ce sentier un peu plus tôt.


Je sais également qu'un grand cervidé est passé non loin de là, un orignal sûrement. 
 Il a laissé une trace, plutôt un dépôt qui, selon mon avis, 
était relativement frais si j'en juge par la couleur. 
 Non, non, je ne vous mettrai pas de photo.

Pour changer l'image que vous pourriez peut-être avoir maintenant, 
je termine par une photo de ce lac magnifique 
près duquel madame la Tortue avait pondu ses oeufs.


Vous avez aimé ce reportage? Partagez-le!

samedi 13 novembre 2010

Chasse photographique


Jour de congé, je me suis levée avec une idée en tête, photographier un orignal. Drôle d'idée... certains ont envie d'un café en se levant, moi j'avais envie de photographier un orignal. Pourquoi un orignal? Je sais pas. Juste comme ça.

La Fée du Lac et moi sommes donc partie ce matin, à la chasse photographique à l'orignal en empruntant des chemins de terre peu fréquentés et en arrêtant aux endroits qui nous inspiraient sa présence.

Nous avons roulé d'un village à l'autre, pas un orignal ne s'est pointé, même pas un petit.

-S'il-vous-plaît, faites que je puisse en voir un aujourd'hui, que j'ai demandé en prière à la Vie.



À quelques kilomètres de la route principale, sur un chemin de terre longeant une rivière, la Fée du Lac aperçoit plusieurs outardes se laissant flotter sur l'eau.

Tu veux prendre une photo?

Elle stationne l'auto et nous nous avançons doucement en direction de la rivière qui est à une centaine de pieds de distance mais nous prenons quand même grand soin de ne pas faire de bruit pour ne pas les effrayer.

À mi-chemin, j'ai pris une première photo juste au cas où elles s'envoleraient avant que j'aie eu le temps de le faire.

Nous avons fait les 50 pieds suivants très très lentement, pliées en deux pour se faire plus petites que les bosquets. J'ai pris une autre photo avant qu'on soient rendues. Cette fois c'était quasiment en rampant et en se traînant avec les coudes qu'on s'est finalement rendues à la rivière.

Elles étaient nombreuses, une dizaine peut-être. Elles étaient tellement belles à voir.

- Elles ont l'air épuisées. Je crois qu'elles se reposent avant de partir. Sens-tu comme c'est calme?

En effet, un calme intense se dégageait d'elles et nous enveloppait.

Les outardes semblaient immobiles. Je me suis empressée de les prendre en photo.

- On comparera avec les photos d'Aglaée, me semble qu'elles ne sont pas tout à fait de la même couleur, me dit la Fée du Lac.

Nous avons ensuite doucement remonté la rivière car nous avions également vu un petit troupeau de canards.

À environ 50 pieds de l'endroit, nous avons recommencé les techniques d'approche utilisées pour les outardes. On se sentait comme de vraies chasseuses. On avait pris de l'expérience, on arrivait même à ne pas faire trop craquer les feuilles. On étaient quasiment devenue expertes en camouflage... la preuve? Aucun des canards ne s'est sauvé et comble de chance c'était de magnifiques colverts

Il y a 3 mâles et 4 femelles, que j'affirme en tant que Fée-des-bois-qui-s'y- connait-en-faune-et-qui-s'en-pète-les-bretelles.

Les premières photos ne sont pas à mon goût; le canard a une drôle de tête. Je passe subtilement de l'autre côté des bosquets, j'ai quasiment les pieds à l'eau, je ne peux m'approcher plus.

- Ok, je crois que celui-çi est assez près pour faire une belle photo mais il regarde là bas, j'aimerais qu'il se tourne de côté.

La Fée du Lac se met aussitôt à lui parler: Petit, petit... viens ici. Elle fait des petits sons avec sa bouche tc tc tc tc tc. Allez petit, petit... viens ici.

Le canard se tourne tout doucement. J'ai eu le temps de prendre quelques photos avant qu'il se retourne de nouveau.

On a fait une halte au pied d'une chute, j'ai photographié un cheval, un paysage, une gélinotte (malheureusement cette photo est toute embrouillée).



Il était finalement l'heure de rentrer. J'étais déçue de ne pas avoir de photo d'orignal à vous montrer mais au moins j'avais des photos d'outardes et de canards.

Soudain, juste après un immense champs d'avoine, une petite maison d'artiste avec des personnages grandeur nature autour de la maison. Un bien étrange endroit. J'ai voulu prendre les statues en photo mais elles avaient toutes été recouvertes d'une protection de plastique pour l'hiver, toutes sauf une. Toutes sauf un... orignal de plâtre.

- Tiens le v'là ton orignal, dit la Fée du Lac moqueuse.
- J'aurais peut-être dû spécifier que j'aimerais qu'il soit vivant, en chair et en os... La prochaine fois je préciserai les demandes que je fais à la Vie.

Le prendre en photo m'a amusée. Comme si la Vie me faisait un clin d'oeil.

Le voici donc... le petit orignal de plâtre



Et vous vous rappelez le calme qui se dégageaient des outardes? J'en connais maintenant la raison. J'ai compris une fois les photo transférées dans l'ordinateur. En gros plans certains détails deviennent évidents.

C'était le choc total.

- On s'est fait avoir sur toute la ligne ! que j'ai dit à la Fée du Lac. Viens voir les photos !

Elle était aussi en état de choc. Comment on a pu ne pas remarquer ? Faut pas raconter ça à personne!

C'était l'incompréhension, le fou rire et la honte en même temps. On n'arrivaient juste pas à le croire. On avait été leurrées d'applomb.

Voyez...







Quelque part dans les bosquets, parions qu'il y avait un chasseur mort de rire.

Racontez surtout pas ça à personne...
mais gênez-vous pas pour partager le lien si ça vous dit.