dimanche 14 avril 2013

La cabane à sucre, un rituel printanier

Une fois l'an, la plupart des québécois
vont se sucrer le bec à la cabane à sucre,
et ce, depuis très très longtemps.

Habillez-vous confortablement,
(la ceinture fléchée est en option)
enfilez des bottes chaudes,
mais tout de même élégantes
et venez avec moi, 
je vous emmène à la cabane à sucre.


Le frère Marie-Victorin disait que c'était un écureuil qui avait découvert l'eau d'érable.  Sûrement avait-il déjà observé, comme moi, qu'ils en raffolent.


C'est frénétiquement que celui-ci faisait le tour de l'arbre
pour en lécher goulûment chaque coulisse qui en glissait.



Les amérindiens, grands observateurs de la nature, avaient assurément déjà fait cette constatation puisqu'ils récoltaient la sève au moyen de cornets ou de seaux confectionnés à partir d'écorce de bouleau.


Aujourd'hui, beaucoup d'érablières installent un système de tubulures entre les arbres et l'eau passe ainsi directement de l'arbre à la bouilloire. Je comprends la question de rentabilité, mais je trouve ça triste de voir tous les érables ainsi ligotés. 

Ici, c'est encore à l'ancienne qu'on récolte l'eau d'érable, une chaudière à la fois.

Traditionnellement et c'est encore ainsi à quelques rares endroits, les chaudières se ramassent à l'aide d'un cheval tirant un traîneau, pour le plus grand plaisir des enfants... et des grands.


 Pour que l'eau coule, la température doit être 
en-dessous de zéro la nuit,
au-dessus de zéro le jour.


Ça goûte sucré, mais pas tant que ça.
L'eau d'érable est excellente,
par ses propriétés dépuratives,
pour faire une bonne petite cure après l'hiver.


Traditionnellement les menus étaient principalement composés de soupe aux pois, de jambon, de saucisses, d'omelettes, de fèves au lard, d'oreilles de crisse (grillades de lard), le tout copieusement arrosé de bon sirop d'érable. Ces menus sont d'ailleurs toujours présents dans la majorité des cabanes à sucre, mais tranquillement de nouvelles tendances s'installent.  Maintenant on réinvente les classiques, on redéfini les repas.  Certaines cabanes offrent des repas végétariens (en cliquant sur ce lien vous verrez une très sympathique vidéo) et certaines autres, comme la cabane Au pied de cochon proposent sur leur menu du foie gras poêlé, des cuisses de canards ou du homard.

Il existe des cabanes à sucre de toutes tailles, certaines pouvant accueillir une vingtaine de personnes, d'autres, quelques centaines.  Elles n'ont plus l'allure des cabanes d'autrefois, ce sont, pour plusieurs de grands bâtiments.

La cabane où je vous invite aujourd'hui est toute petite. Elle appartient à Guy, un homme absolument charmant, qui l'a construite, pour le plaisir.  Guy et Simon son voisin, ont entaillé les érables, ils ramassent l'eau, la font bouillir et la transforment en sirop ainsi qu'en délicieuse tire sur la neige.


Entrez!  Je vous fais visiter!
N'ayez pas peur du toutou, il est très gentil.   


Même si la cabane n'a pas une vocation commerciale,
elle possède tout l'équipement nécessaire
pour la fabrication du précieux sirop.


Ici, ce sont les évaporateurs 
dans lesquels on fait bouillir l'eau.

 

Ça prend 40 litres d'eau d'érable 
et plusieurs heures de "bouillage"
pour faire 1 litre de sirop d'érable.

La température doit atteindre 104°C / 219.2°F


Quelques-uns des accessoires 
qu'on retrouve dans la cabane...

Une belle grosse louche


L'écumoire 


Le bonnet, un des filtres utilisés
pour couler le sirop 
et s'assurer qu'il n'y a aucune impureté
avant de le mettre en pot.


La sertisseuse/canneuse et
bien sûr, les cannes de sirop.


Sortons maintenant dehors pour aller se sucrer le bec 
avec la tire sur la neige... un incontournable!

On met du sirop d'érable dans un chaudron, 
on fait bouillir cette fois jusqu'à 113.8°C / 236.8°F,
et on verse ensuite la tire chaude sur la neige.


À l'aide d'un bout de bois, ici d'une fourchette, 
on enroule vite la tire qui commence à figer.
  

Laissée trop longtemps sur la neige, 
la tire se cristallise ainsi.
C'est joli... et c'est bon aussi. 


Vous voulez goûter ?


Le Québec fournit plus de 70% de la production mondiale de sirop.  C'est notre or jaune. La tendance actuelle est de valoriser ce produit, de le sortir de la cabane à sucre et d'offrir tout au long de l'année des produits dérivés.  

Les fées gourmandes ont déjà goûté à l'onctueux beurre d'érable à tartiner (une recette de Ricardo juste ici ), aux délicieux flocons d'érable à saupoudrer sur les céréales ou sur une tarte aux pommes bien chaude, au vin des anges "Esprit d'érable" à déguster lentement en apéritif ou au dessert. Sliup!

Les Fées utilisent le sirop d'érable sur les crêpes, le gruau, le yogourt, mais aussi en vinaigrette. On mélange simplement de l'huile d'olive, quelques gouttes de réduction de vinaigre balsamique et un petit filet de sirop d'érable.  

Sur les salades, c'est tout simplement divin! 
Laitue, poire, pousses de luzerne, 
coriandre, sésame et pétales de parmesan.

Mes papilles sont en extase !

Merci à France pour l'invitation, à Mance pour l'accueil et les fous-rires, à Guy pour sa générosité ainsi qu'à Simon et sa famille pour la délicieuse dégustation de tire sur la neige.   



vendredi 12 avril 2013

Au croisement de l'hiver et du printemps

Il y a quelques jours, 
nous allions simplement au village, 
y faire quelques courses et
en route, nous avons eu la surprise
de faire de bien belles rencontres.

Je vous montre les photos?

Près du premier pont,
trois élégantes cantatrices
faisaient leurs vocalises.


Je crois qu'elles chantaient
la musique de cette portée.


Un petit voyou 
voulant aussi faire partie de la séance photo
s'est empressé de passer devant l'objectif.
Je ne l'ai vu qu'une fois la photo prise.


La noble marche des Bernaches.


Alors que nous traversions le deuxième pont,
un couple de Colverts est venu nous saluer.


Coin, coin, coin a dit la Fée du Lac.
Ils s'éloignent !  T'as "callé" à l'envers!
Nioc! Nioc! Nioc! s'empresse-t-elle alors de dire.
Ils ne sont pas revenus.


Au troisième pont, ce sont 
ces magnifiques Harles couronnés,
qui sont venus nous dire bonjour.


Après le pont, un Merle d'Amérique 
nous attendait le torse bombé,
comme pour faire certain d'être remarqué.

Le Merle arrive en même temps que le printemps,...
habituellement.


Rrrrrrr rrrrrrr 
a fait le pigeon juste au dessus de nous.


Puis, il a exécuté, 
ce que je crois être une danse de séduction,
à moins qu'il ait simplement perdu l'équilibre,
là-haut perché sur son fil.


De retour à la maison, 
je suis allée voir la micro-mini parcelle
de jardin exempte de neige, la seule.
Surprise !!!  
Le printemps commençait à pousser !
C'est toujours une immense joie
de découvrir ces petits turions tout neufs!


En fouillant un peu plus loin,
j'ai trouvé une branche de thym citron
que la neige venait de libérer.
Je l'ai cueillie pour la respirer,
pour ajouter un goût d'été à ma salade.

Une vraie parcelle de bonheur!



Aujourd'hui, revirement complet de situation
Grésil, giboulé, vents, neige, accumulations,
bref un potpourri vraiment pas très agréable.

Dans le but d'apporter un peu de légèreté,
dans cette trop hivernale journée printanière,
la Fée du Lac et moi avons fait... un vidéoclip.

Je pressens une grande carrière.  
Je suis certaine que
vous serez d'accord, 
quand vous aurez vu le clip.

Voici donc une chanteuse 
internationalement pas connue 
et une choriste déchaînée qui
s'unissent pour dire un dernier
aurevoir à l'hiver.

Le titre de la pièce:  Un dernier bécot à l'hiver.

AVERTISSEMENT:  
Le contenu de ce clip peut vous étonner,
vous mettre dans un état de joie, 
il peut même provoquer d'incroyables fous-rires.  

RECOMMANDATION:  
ne mettez surtout pas le volume trop fort !


Bon visionnement !















mardi 9 avril 2013

Huit d'un coup !


Maman, une chatte errante 
est entrée dans la maison il y a quelques jours
et n'est pas ressortie depuis.

On ne la voit pas souvent, 
elle vient manger ici de temps à autres,
mais chaque fois c'est ici, dans ma garde-robe,
qu'elle choisit d'avoir ses bébés.

C'est la maman adoptive de la petite Gremline,
celle qui l'a léchée et nourrie sans l'avoir portée.

Hier, Maman est allée pour la première fois,
dans la boîte que nous avions préparée.

Elle avait ce regard qui disait que le temps
était venu de mettre bas.

La Fée du Lac et moi l'avons accompagnée
et j'en ai profité pour faire un petit reportage photos.

Certaines photos sont floues, 
elles ont été prises dans ma garde-robe,
d'autres sont moins "esthétiques",
mais elles sont... instructives. 

Vous nous accompagnez ?



Maman avait de fortes contractions,
de plus en plus rapprochées,
elle semblait se chercher, en vain,
une position confortable.


13 h 40
Une première naissance


Même pas 5 minutes de vie 
et déjà chaton 1 se déplace 
en poussant de minuscules miaulements.


13 h 50
Seulement 10 minutes de vie 
et chaton 1 a déjà trouvé son chemin
jusqu'aux mamelles nourricières.   



13 h 55

Les contractions reprennent de plus belle.




14 h 00
Chaton 2 vient au monde
On ne le voit pas sur la photo,
maman fait d'incroyable contorsions
pour aller le nettoyer
pendant que chaton 1 reste bien accroché
à sa précieuse tétine.


14 h 30
Un troisième chaton est sur le point de naître.

L'expression "Accoucher comme une chatte" 
est vraiment surfaite.

Les chattes souffrent elles aussi.


Chaque petit chaton naît dans son enveloppe.


Chacun est ceinturé d'un placenta
qui peut sortir en même temps que le chaton,
ou pas.



Les naissances se multiplient et
maman n'arrive pas à tout nettoyer
aussi rapidement.


Elle doit faire quelques pauses
afin de reprendre des forces.


Le dernier chaton né, 
Maman a mis encore quelques heures 
avant de sortir de la boîte
pour aller boire et manger.

J'en ai alors profité pour compter les chatons,
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, 
pour changer le piqué et les couvertures 
ainsi que pour faire 
quelques photos supplémentaires, 
bien sûr.  

Les voici!

Huit petites boules de poils.


Je crois que c'est le dernier né, 
mais je n'en suis pas certaine.

C'est le plus petit et 
maman ne l'a pas encore très bien nettoyé
alors il a l'air encore plus petit 
avec son poil tout collé.

Un petit ange


De longs doigts effilés.


De petites pattes toutes délicates.


La chaleur réconfortante des mains de fée.


C'était épuisant ce long voyage
et maintenant cette forte lumière.


Quelle binette celui-là!
Et des doigts de rainette ou de E.T.
au choix!


Chatons minuscules 
et pattes de géants.


Si ces chatons étaient nés dehors,
leur chance de survie aurait été très faible.

Nous allons maintenant les soigner,
les socialiser et tenter de leur trouver
des familles aimantes qui en prendront bien soin.

Vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en grand!

J'aimerais beaucoup aussi trouver 
une famille d'adoption pour Maman
quand les chatons seront sevrés.
Une famille qui l'accueillera, la fera opérer
et lui donnera beaucoup d'amour.
C'est vraiment une bonne chatte.

Dès le réveil ce matin, 
je suis retournée compter les chatons.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit.
Le compte y était et ils respiraient tous.
Les premiers jours sont décisifs pour les chatons plus chétifs.

 Soulagement!  Ils vont bien.
Ils étaient tous couchés en tapon
pour se réchauffer pendant que la maman
était partie manger.



 Vous avez aimé ce billet, 
partagez-le allègrement si vous le désirez.

J'aimerais trouver des familles pour chacun, 
mais également sensibiliser les gens au fait 
qu'abandonner un chat,
c'est le condamner à une vie de misère.  
Ils ne rencontrent pas tous des fées sur leur route.

Merci !!!

Vous vous doutez bien qu'il y aura d'autres billets
qui parleront de ces chatons... avec moult photos bien sûr,
c'est plus fort que moi.  Alors, à bientôt!

dimanche 7 avril 2013

L'ATELIER D'ÉCRITURE CRÉATIVE


Je n'en étais pas à ma première expérience, j'avais déjà animé des ateliers d'écriture créative dans le passé, mais aujourd'hui, c'était le tout premier atelier offert par mon entreprise en démarrage !


J'avais tellement hâte!  
J'avais sélectionné des exercices 
sur mesure en pensant au groupe.

J'ai rempli mon joli sac orange et rose 
et j'ai pris la route ce matin en direction de St-Eustache.   

 

J'ai été vraiment bien accueillie par Sandra, qui avait organisé la rencontre, ainsi que par les huit autres femmes présentes.  Des femmes magnifiques, une très belle gang. 

Qu'est-ce que c'est au juste qu'un atelier d'écriture créative ?  m'ont demandé quelques-unes d'entre elles. 

Je sais comment le vivre, je sais comment l'animer, je sais les résultats, mais j'ai pas encore trouvé la façon de nommer tout ça en quelques mots.    J'ai finalement bafouillé quelque chose comme "On écrit pour développer sa créativité et pour le plaisir".  Bon, j'ai bien vu dans leur regard, que c'était trop vague, que ça ne disait pas grand chose.    Faudra vraiment que je travaille là-dessus.  

Et si on le vivait tout simplement? leur ai-je aussitôt suggéré.  

J'ai expliqué le fonctionnement de l'atelier.
Je vais vous proposer un « déclencheur », (j'en avais toute une réserve dans mon sac orange et rose) qui a pour but de stimuler, d’éveiller l’imagination.  Je vais également vous donner quelques consignes sur la durée ou la forme de l’exercice.  L’exercice de réchauffement est d’environ 5 minutes et les exercices suivants varient entre 10 et 15 minutes.   Il y a des règles, mais la plupart peuvent aisément être contournées.  Si les mots qui montent ne sont pas en lien avec le déclencheur, on laisse libre cours à son imagination.  En aucun cas les consignes ne doivent brimer la créativité.
Après chacun des exercices, les personnes qui le désirent lisent leur texte au groupe.  Si, pour n’importe quelle raison, une personne ne désire pas lire son texte à voix haute, elle dit simplement « je passe ».  Cette façon de faire favorise la liberté d’écriture.  On écrit sans se censurer et on décide après si on désire partager ou pas.  Le but de l’atelier est de vivre une expérience créative.
Et si rien ne monte ?  Et si je ne sais pas quoi écrire ? m'a alors demandé l'une d'elles un peu inquiète. J'adore cette question ! J'ai alors expliqué ma super-technique-qui-marche-à-tout-coup!  

D'autres questions?  On commence!

Nous avons d'abord fait un exercice de réchauffement.  Comme pour n'importe quelle activité physique, la période de réchauffement est très importante, elle permet de démarrer le moteur en douceur.  

Ensuite, nous avons extrapolé sur l'usage d'un objet qui appartenait à une vieille dame et auquel elle tenait le plus au monde.  C'était quoi?  Ça servait à quoi?  Pourquoi était-ce donc si précieux?

Je ne vous en montre qu'un tout petit bout.


C'est fascinant de constater que 10 personnes peuvent regarder le même objet et écrire 10 scénarios différents.  Plus de 10 même parce que chacune y voyait de nombreuses possibilités.  En l'espace de quelques minutes seulement, ce simple objet avait soudainement des dizaines de vocations différentes.   

Durant le trajet du retour, je repensais à ça.  Qu'il s'agisse d'un projet, d'un défi, d'une épreuve,... tellement d'angles différents peuvent être envisagés pour une même chose quand on fait appel à la créativité.  Tellement d'angles qui peuvent se transformer en tellement de possibilités.  Hum... c'est à méditer.

Nous sommes aussi allées au musée, sans même avoir à se déplacer.  Nous y avons appris beaucoup.  Vraiment beaucoup. C'est un exercice que toutes ont apprécié.


En terminant, nous avons mangé... du chocolat !

Pas le choix, ça faisait partie de l'exercice d'écriture.
C'était pas du tout de la gourmandise... 
même si c'était vraiment vraiment bon.


Quand j'ai demandé aux femmes présentes si je devais garder cet exercice pour de futurs ateliers, c'est unanimement qu'elles ont répondu oui!

Dans mon sac orange, il y avait aussi une boîte de papiers mouchoir, parce  que parfois, lors de certains exercices, un flot d'émotions surgit sans qu'on s'y attende,  parfois aussi nous rions aux larmes et parfois encore on a simplement besoin de se moucher.  


J'ai vraiment apprécié ce premier atelier 
et chacune des femmes présentes également.

Nous avons vécu ensemble, 
des instants magiques,
des moments vraiment privilégiés.  

Sur le chemin du retour, 
j'ai vu un premier voilier d'outardes 
ainsi qu'un héron 
passer au dessus de ma tête.  
C'est un cygne signe!  


Les ateliers d'écriture créative,
c'est ce que j'aime faire, c'est ce que je veux faire.

Bon, je retourne à mon plan d'affaires
en attendant de retourner courir les bois !

À bientôt !