
Je terminais de "nettoyer" le dernier jardin aujourd'hui quand une promeneuse s'est arrêtée.
"C'est d'la job enlever toutes ces cochonneries là au printemps, qu'elle me dit l'air complètement découragée.
- Les cochonneries ?!?
- Oui, toutes ces feuilles mortes, qu'elle ajoute en retroussant la babine comme si ça lui levait le coeur.
- J'étais justement en train de me demander madame si je ne ferais pas mieux de les laisser là où elles sont car malgré la canicule, sous la couverture de feuilles, vous voyez?...la terre est fraîche et humide.
- Vous aurez juste à mettre du paillis, regardez votre circulaire il est en spécial quelque part cette semaine.
- Mais celui-çi est gratuit et déjà en place.
- Ah! faites donc comme vous voulez", qu'elle me dit en tournant les talons.

Ce n'est pas le premier printemps que je ressens ce dilemne. C'est une histoire qui
redondine chaque printemps. D'ailleurs cette conversation m'a rappelée celle que j'ai eu le printemps dernier avec un lombric. Eh oui! les Fées ça causent avec les vers de terre.
Imaginez-vous donc que Monsieur le lombric m'engeulait en disant que je lui enlevais sa nourriture.
"Comment veux-tu que j'aie l'énergie de faire mon travail si je n'ai plus rien à me mettre sous la dent? qu'il m'avait dit furieux.
- Primo, tu n'as même pas de dents et secondo j'enlevais simplement les feuilles mortes laissées sur les jardins à l'automne pour aller les porter là bas dans mon composteur. Quand elles seront bien décomposées et qu'elles auront l'apparence de la terre, je les rapporterai dans ces mêmes jardins.
- Tu travailles pour rien, qu'il m'avait dit, c'est dans ma description de tâches de transformer les feuilles en compost... laisse tout sur place, moi pis ma gang on s'en occupe.
- C'est que... ces jardins donnent sur la route... ça va te prendre une éternité avant de tout bouffer ça et ... je trouve que ça fait pas propre, que je lui avais répondu.
Je me souviens très clairement de sa vive réaction. Il était insulté, très très insulté. Pas propre ! Pas propre ! Il répétait ça d'un ton offusqué en se tortillant de tous bords tous côtés... remarquez que c'est à peu près tout ce qu'il peut faire... ça doit être frustrant pour lui... Pffft ! Pas propre !
- Bon, écoute petit vers... j'ai peut-être une solution... je peux aller acheter du paillis pour mettre par dessus les feuilles, comme ça je ne vais pas te priver de nourriture et j'aurai de beaux jardins proprets.
Vous auriez du voir ses yeux écarquillés...
- Pourquoi acheter du paillis alors que tu te tues à enlever celui qui est déjà en place ?!?
- Je vais réfléchir à tout cela, que je lui avais promis, et pour me faire pardonner, un de ces quatre je t'inviterai à la pêche."
Après cette conversation, j'avais commencé à faire des changements... à l'automne, j'avais entassé des feuilles sous la haie de thuyas et je ne les avais pas ramassées. J'avais également laissé les feuilles en place dans le jardin secret, celui qu'on ne voit pas.
Finalement, la conversation avec la promeneuse n'avait rien de nouveau mais peut-être m'avait-elle permis de faire un pas de plus.
Lombric ! Lombric ! Reviens ! Je ne veux pas culpabiliser. À l'automne je vais passer la tondeuse dans les feuilles pour bien les déchiqueter et j'essaierai de les laisser en place le printemps prochain si ça fait pas trop désordre.
Ça te convient ?