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samedi 17 novembre 2012

Mon jardin de givre

Très tôt ce matin, 
mes jardins scintillants sous les rayons du soleil
m'ont invitée à aller m'y promener.  
Je suis sortie faire quelques photos.

Les Asperges déjà toutes décorées pour Noël

Le Cactus se prépare à hiverner.

Les précieuses feuilles 
qui protégeront les plants du gel et dégel.

Le froid est arrivé avant la maturation
de ces Framboises Kiwi 

Le Mélèze a laissé tomber au sol
toutes ses jolies aiguilles dorées.

Le coeur de l'Origan rougit à l'arrivé du froid.

Le Persil givré.

La toute dernière feuille du Pommier.

Le Rhododendron a fait de petits rouleaux de ses feuilles,
il les déploiera de nouveau quand le soleil les réchauffera.

Pendant ce temps, 
bien à l'abri dans la maison,
on assiste à l'explosion des fleurs
des magnifiques Violettes africaines. 

C'était pas chaud ce matin 
pour aller faire les photos de mon jardin de givre,
Gremline et moi profitons maintenant 
de la chaleur réconfortante du feu.  

Je vous souhaite une magnifique journée!

vendredi 20 janvier 2012

De la neige, du froid et de belles rencontres

C'était une magnifique journée.  La Fée du lac et moi avons été nous balader.
Je vous ai rapporté quelques photos.

De part et d'autre du pont de métal.



De l'autre côté de ce pont, 
un magnifique sentier lumineux s'ouvrait devant nous.

Il y a quelque chose là-bas, 
dit soudainement la Fée du Lac

La main sortie par la vitre de l'auto, 
j'ai zoomé au max mon appareil photo.
C'est un chevreuil!

Vite, il a rebroussé chemin.
Il a gambadé, la petite queue en l'air en direction
de l'affiche indiquant que c'était une traverse de chevreuil.
Il est entré dans le bois et nous l'avons perdu de vue.


Nous avons poursuivi notre route et longé les terres agricoles.



Au détour du chemin, une autre surprise s'est présentée.


Un troupeau de chevreuils qui se sont vite éloignés 
dès que nous sommes arrivées.
Rendus à bonne distance,
ils se sont arrêtés pour mieux nous observer.


Celui-ci était vraiment aux aguets.
Alors que les autres continuaient à gambader, 
lui restait stoïque, à l'affût du moindre mouvement.
Il jouait le rôle de sentinelle, je crois.


Nous nous observions mutuellement.


Tout en s'éloignant doucement, 
il gardait l'oeil sur nous.

 

C'est assez facile de voir un troupeau de chevreuils 
au milieu d'une clairière,
il en est autrement de les repérer 
quand ils marchent doucement dans le bois.
On doit rester attentive, l'oeil et l'oreille en alerte, 
les deux c'est encore mieux.

Cliquez sur la photo pour mieux les apercevoir.

Le soleil descendait maintenant plus rapidement,
nous avons décidé de rentrer.



C'était une autre magnifique journée.

J'espère que vous avez aimé mon petit photo-reportage.
N'hésitez pas à le partagez si vous le désirez!



samedi 14 janvier 2012

-20 °C

C'était pas chaud!
Le vent avait dessiné une magnifique fresque 
dans la fenêtre de mon bureau.

De belles plumes pour m'inciter à écrire des histoires.

Il m'a fallut rassembler un peu de courage,
pour sortir pelleter le 30 cm de neige qui était tombé.

J'ai retrouvé Sid, le Paresseux de l'Âge de Glace
coincé justement dans la glace.

Quand je suis rentrée, 
je me suis préparée un bon chocolat chaud à la lavande.
Un délice!

À cette période de l'année, 
les fleurs dans la maison
sont de belles promesses de printemps.

Ici, les délicates fleurs d'Oxalide pourpre
(Oxalis triangularis)  


Ici, les flamboyantes fleurs du Cactus de Noël
aussi appelé Schlumbergera. 


Vous avez aimé?
N'hésitez pas à partager
via Facebook, Twitter,...!

jeudi 12 janvier 2012

Un bon café chaud

La Fée du Lac et moi étions sorties afin de faire quelques photos pour un défi dont le thème est le froid.  Nous avions roulé vers le nord et en route, j'avais pris quelques photos de neige, de glace.




Il était plus de midi.  J'avais faim.  On va s'arrêter au prochain village, je t'offre à dîner, ai-je proposé à la Fée du Lac.  On se stationne à bonne distance du resto et on prends une belle marche santé pour s'y rendre.  Malheur! Le resto est fermé jusqu'au 20 janvier.  Passons au plan B.  Il y a un autre resto que j'aimerais bien essayer, c'est pas très loin par là, ai-je dit à mon amie.

Nous nous dirigeons donc vers cette nouvelle place.  C'est plus loin que je le croyais, beaucoup plus loin.  Il fait froid, il vente fort.  À plusieurs reprises on a décidé qu'on s'arrêterait au prochain restaurant qu'on verrait mais le prix des repas nous avait chaque fois fait changer d'idée.

On voit finalement un petit restaurant avec soupe et sandwich au menu à prix très abordable.  J'avais les cuisses et les doigts gelés, j'étais frigorifiée.  J'avais une faim de loup, j'aurais mangé un ours.  Je n'irai pas plus loin, on va là, ai-je dit sur un ton non-négociable.

On entre dans ce resto dont je tairai le nom, vous comprendrez pourquoi.  La très sympathique serveuse nous offre un bon café chaud.

- Avec plaisir!  qu'on répond en coeur.

Elle s'empresse de nous le servir.  Ce café faisait un bien fou!

- Elle est à quoi votre soupe? demandais-je à la jeune serveuse.

Étrange réaction... elle hésite, fait des nœuds avec ses doigts, se mord la lèvre.

Je ne comprends pas trop sa réaction.

- C'est que... dit-elle en se tortillant, elle n'est pas très bonne, je ne vous la conseille pas.

Voyant notre tête étonnée, elle ajoute:  Voyez les deux clients à la table là-bas? (Je réalise soudainement que ce sont les seuls clients de la place à part nous, pas rassurant) Ils ne l'ont pas aimé du tout, moi aussi, j'y ai goûté, c'était vraiment pas bon, ajouta-t-elle candidement en faisant un genre de grimace.

Voyant notre tête encore plus étonnée et sûrement notre mâchoire décrochée devant une telle révélation, elle s'est empressée d'ajouter que ce n'était pas toujours ainsi, qu'habituellement les soupes étaient bonnes... mais pas celle-ci.

- Je vous apporte le menu? demanda-t-elle.
- Non, non, au fonds j'avais pas vraiment faim.
- On avait déjà dîné, s'empressa d'ajouter ma complice.
- C'était juste de la gourmandise, ajoutai-je d'un ton que je voulais convaincant.
- C'était pour se réchauffer, compléta la Fée du Lac en tenant sa tasse à deux mains pour apporter une preuve.  Le café fait tellement de bien, je suis comblée, vraiment.
- Vraiment comblée moi aussi, répétais-je en faisant mon plus beau sourire.


Elle n'y a vu que du feu; à peine avions nous pris deux gorgées qu'elle revenait chaque fois ajouter du café chaud dans nos tasses.  Elle était vraiment gentille.

La situation était trop cocasse.  Autant elle avait été très honnête, autant on lui contait des histoires pour ne pas lui dire que ça nous avait juste complètement enlevé le goût de manger à cet endroit.  


Je lui ai laissé un généreux pourboire pour le plaisir qu'elle nous a donné, pour les réflexions et les discussions que sa franchise a générées.

Gageons qu'en fin de journée, son patron va se demander pourquoi il n'a vendu aucune soupe aujourd'hui.

dimanche 13 février 2011

Nuit de pleine lune

Ce matin, je me suis réveillée avec un souvenir qui date de plusieurs années.

Je vous raconte?


C'était lors d'une belle journée ensoleillée d'hiver, alors que je faisais de la raquette dans le boisé, je vis une forme sur le lac au loin. C'était une silhouette humaine. Je n’avais pas vu âme qui vive depuis plusieurs jours. Qui cela pouvait-il bien être? Je n'avais pas encore la réponse que, sans trop savoir pourquoi, je dévalais maintenant la falaise en faisant de grands signes de reconnaissance avec mes bras.

J’étais très heureuse de ma nouvelle vie d’ermite et cette réaction excessive m’a surprise, je n’avais pas réalisé à quel point le contact humain m’avait manqué.

J’ai marché en direction du lac, la personne est venue à ma rencontre. C'était une femme. Elle avait l’air d’une grand-mère amérindienne, comme dans les livres mais elle avait de magnifiques yeux bleus intenses, un regard à peine supportable tellement elle semblait me lire l’âme, un sourire du cœur malgré quelques dents en moins, Je ne saurais dire quel âge elle avait, chose certaine, plusieurs saisons de soleil et de froid avaient marqué sa peau.

Nous nous sommes présentées et nous avons marché ensemble. Elle m’expliqua qu’avant elle venait régulièrement faire le tour du lac en raquettes, mais comme elle avait été malade, c’était la première fois cette année qu’elle le faisait.

Nous avons marché jusqu’à son camp de fortune formé d'un cercle de neige tapée au centre duquel cinq grosses pierres étaient disposées autour d'un feu. Elle m’a expliqué que c'est le demi-cercle naturel de thuya juste là qui l’avait incitée à choisir cet emplacement.


J’ai, en guise de respect, déchaussé mes raquettes avant d’y entrer. Elle a partagé avec moi un breuvage chaud très sucré. Elle m’a ensuite invitée à frotter les branches de thuya entre mes mitaines et à m’envelopper avec cette nouvelle énergie qui chasse les mauvais esprits. Juste avant de me dire aurevoir, elle m’a donné rendez-vous au même endroit à la tombée du jour, à la pleine lune de février. J'ai accepté.


Ce 20 février, toute la journée, je me suis demandée dans quoi je m’étais encore embarquée. J’avais rendez-vous, en début de nuit, en plein bois, avec une femme dont tout ce que je connaissais était le prénom. La soirée était particulièrement glaciale... la température indiquait –30 degrés.

J’aurais pu prétexter un empêchement, un malaise soudain mais je n’avais aucun moyen de la rejoindre et j'avais donné ma parole. J’ai pris mon courage d’une main et ma lampe de poche de l’autre, je me suis emmitouflée comme un enfant, la tuque sur les yeux et le foulard par-dessus le nez, j’ai enfilé mes raquettes et j’ai suivi le sentier qui menait à son camp.

De temps à autre, j’arrêtais pour regarder la lune, écouter le silence. J’étais bien, le froid n’arrivait pas à transpercer mes vêtements mais ma respiration s’emballait régulièrement. Une trentaine de minutes plus tard j’étais enfin arrivée. La vieille indienne n’était pas encore là. J’avais le temps de reprendre mon souffle avant notre grande marche. En effet, j’ai oublié de vous dire qu’elle m’avait donné rendez-vous pour qu’on fasse ensemble le tour du lac; une randonnée de près de trois heures. J'était heureuse de pouvoir récupérer quelques forces avant d'entreprendre ce trajet.

En l’attendant, je me suis fais un lit de thuyas et je me suis couchée sur le dos pour regarder le ciel. La nuit était sans nuage. La lune régnait de toute sa rondeur dans un univers magnifiquement étoilé. C’était magique. Il n’y avait aucun son. Rien. Pas de bruit de voiture, pas de craquements de branches, même pas d’oiseaux. Rien. Le pur silence. Différent du silence de la maison où le tic-tac de l’horloge, le moteur du frigo, les mouvements des chats créent un bruit de fond qu’on oublie mais qui est là bien présent. Dans ce bois, aucun son n’arrivait jusqu’à moi. Du coup, j’ai pris conscience de ma respiration; également d'un genre de grondement provenant probablement de ma circulation sanguine. Je suis restée ainsi un long moment à écouter ce qui se passait en moi.


Soudainement...une petite peur surgit sournoisement. Tout ce vacarme intérieur était-il vraiment normal ? Ma respiration n’était-elle pas trop rapide ? Un bruit nouveau m’a fait sortir de mes réflexions. J’ai entendu un long et profond sifflement au loin là-bas. Comme une lamentation qui se répétait encore et encore. Peut-être un orignal? Un chevreuil? Peut-être un ours? Impossible, me dis-je pour me rassurer, à cette période de l’année ils étaient sûrement encore profondément endormis. J'avais beau me concentrer, je ne reconnaissais pas le son.

Une autre peur surgit, celle d’être en danger. J’ai arrêté de respirer pour mieux écouter. De nouveau le silence. Comme si ce qui émettait ce sifflement, se sentant observé, s'arrêtait aussi. C’est en poussant un soupir que j’ai soudainement réalisé que le son provenait de l’intérieur de moi et non de l’extérieur comme je le croyais. D’un côté l’apaisement que ce ne soit pas un animal sauvage et de l’autre la peur pour la santé de mes poumons qui silaient à chaque respiration. Tout va bien, que je me répétais.


Mon regard s’est de nouveau porté sur la lune, les étoiles. C’était féerique. D’un coup je voyais l’infiniment grand. J’avais la sensation de ne faire qu’un avec l’Univers; comme si la Vie s’était arrêtée un instant pour me permettre de reprendre contact avec moi-même. J’ai pensé que ce silence devait être familier à nos ancêtres.

Un craquement de branche… puis un autre m’a, une fois de plus, sortie de mes réflexions. C'est elle qui arrive, pensais-je avec enthousiasme. J’attendais fébrilement, le regard rivé sur le sentier. Plus rien. Plus un son. Le silence. Un silence inquiétant cette fois. Je me suis rappelée en un éclair le regard fier du trappeur qui m’avait dit l’automne dernier qu’il avait vu des pistes de loups. Et si c’était un loup? Ou pire... si c'était une meute ? Et s’ils étaient affamés? Et s’ils m’attaquaient. Et si… et si… Plus je « et si-jais», plus la peur grandissait. J’essayais de me calmer mais les scénarios dramatiques se bousculaient pour faire la une.

De toute mes forces j’ai tenté de raisonner ma peur. Il n’y a pas de loup, il n’y a pas de son que je me répétais encore et encore. Il n’y a pas âme qui vive...sauf moi... près d’un lac... loin de la maison...attendant une inconnue... en pleine nuit...seule au beau milieu du bois, proie facile des prédateurs féroces et affamés qui me guettent sûrement en secret.

La peur ne paralyse pas toujours croyez-moi. Je me suis levée d’un bond, j’ai pris mes raquettes à mon cou et j’ai dévalé le sentier en chantant «Valderi Valdera» à tue-tête pendant les vingt minutes du retour en accéléré. De quoi effrayer toute âme qui vive!


Je n’ai jamais revue la vieille indienne mais cette expérience m’a appris beaucoup sur moi, sur ma témérité, sur mes peurs.

Je préfère de loin la nature de jour, et de préférence autour de chez moi.