Un lapin repu d'avoir brouté toute la prairie,
laissait sur le sol des sillons creusés par son bedon tout rond.
Vous savez où je pourrais trouver les oies? lui ais-je demandé.
Elles sont par là! me dit-il en continuant de grignoter le peu de verdure qui restait.
Quelque pas plus loin
j'ai été accueillie par un concert de cacardements
habilement orchestré d'ailes de maître.
En marquant la cadence,
l'oie à deux têtes picore le sol à la recherche de grains oubliés.
Le choeur des cinq s'avance gracieusement.
Do do do do... Mi mi mi mi...
Ce sont, je crois, celles-là même qui un jour tiraient le char d'Aphrodite,
la déesse grecque de l'amour, des plaisirs et de la beauté.
Celle-ci s'exécute dans un ballet digne du Lac des Cygnes
essayant de faire diversion devant les deux amoureux
que j'avais tout de même remarqués.
Les amoureux se sont déplacés à palmes feutrées
un peu à l'écart...
pour se faire la tendresse.
Qui va là? semble soudainement se demander celle-ci,
le regard posé sur la photographe.
Euh... vous êtes pas un peu trop près de moi là?
dit la fameuse photographe en s'éloignant doucement de reculons.
Paraît que ça pince fort des oies!
Qu'est-ce qui se passe?
Qui est-ce? Qui va là?
demandent les faisans perchés à leur fenêtre.
Tu veux une jolie photo?
me demande ce beau mâle qui prenait la pose.
Elle vient chercher des oeufs tu crois? questionne la poule.
Elle vient chercher les oeufs d'or de l'oie? renchérit le coq.
Touche pas à mes oeufs !!! cria l'oie en s'enfuyant paniquée.
C'en était fini de l'harmonieux concert.
Finalement, les cailles attirées par la cacophonie
sont venues m'offrir un plein panier de leurs jolis oeufs picotés.
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