Alors que je marchais dans le jardin hier matin,
un Monarque, couché sur le côté, près de la roue des herbes,
m'a fait de petits signes de l'aile.
Pauvre petit! En m'approchant, j'ai vu qu'il avait
une aile trouée et une autre toute rabougrie,
on aurait dit un bout de plastique laissé au soleil.
Il ne pouvait plus vraiment se déplacer pour se nourrir.
C'était triste à voir.
Je lui ai présenté ma main
il s'est lentement hissé sur mon doigt.
Il avait dû franchir plusieurs étapes
pour devenir le papillon qu'il était aujourd'hui:
D'abord sous la forme d'un oeuf, puis d'une chenille
et enfin, de la chrysalide au papillon adulte.
Voici de quoi il a l'air quand il est chenille.
Vous avez déjà vu une chrysalide de Monarque?
C'est fascinant.
On dirait un bijou de jade nacré
serti d'un collier de perles d'or.
Le Monarque s’agrippait maintenant à mon doigt
comme si sa vie en dépendait.
Je ne pouvais rien faire pour lui,
ses ailes étaient trop abîmées.
À bien y penser...
même si je ne n'étais pas en mesure de le sauver,
je pouvais faire quelque chose...
le déposer délicatement
sur une de ses fleurs préférées.
Le Monarque est le papillon de l'asclépiade,
mais il aime bien aussi les Silphiums,
je l'avais remarqué la veille.
Mais les fleurs de Silphium sont à plus de deux mètres,
le Monarque ne volait pas assez bien
pour que je l'installe aussi haut.
J'ai aussi pensé aux Rudbeckia Laciniata,
mais celles-ci aiment bien se balancer au vent,
le papillon n'aurait pas tenu le coup.
Ce sont des photos que j'ai prises la veille. C'était peut-être lui.
J'ai finalement opté pour les Phlox
qui offrent un délicieux nectar et
forment un bosquet assez dense,
l'idéal pour ce Monarque.
Aussitôt déposé, il s'est agrippé aux pétales
a enfouie sa trompe et sa tête aussi
directement dans le coeur de la fleur.
Il bougeait sa petite tête de part et d'autre de la fleur
comme s'il en explorait tout les recoins.
Il ne semblait plus vouloir en sortir.
Cliquez sur la photo pour voir comment il s'agrippe.
On dirait que ça lui a redonné un peu de force,
il s'est doucement promené de fleur en fleur,
butinant gentiment chacune d'elle.
De temps à autre, il s'accordait une petite pause,
sûrement pour reprendre son souffle.
C'était amusant de voir qu'à ce moment là,
sa trompe s'enroulait sur elle-même
en une jolie spirale.
Je suis repartie, heureuse d'avoir contribué
à l'aider à avoir une fin un peu plus douce.
À l'aube, je l'ai retrouvé inerte au pied des fleurs.
J'avais l'impression qu'il était mort... en souriant.
Cliquez sur une photo pour les voir en grand
Merci de partager cette histoire !