J'étais confortablement installée pour lire,
lorsque soudainement, à 3 heure pile,
l'envie d'aller prendre une marche s'est fait intense.
Mon livre était pourtant fort intéressant,
j'étais dans la meilleure partie. De plus,
sortir, n'était pas l'idée du siècle puisque depuis
quelques jours, mon corps était trop en souffrance
pour que je puisse marcher sans douleur.
Et pourtant...
Clac! J'ai refermé mon livre.
-Je m'en vais prendre une marche, ai-je annoncé à la Fée du Lac qui a levé des yeux plein de points d'interrogation par dessus ses lunettes.
-Tu peux venir avec moi si tu veux. C'est possible que ce ne soit qu'une très courte marche tu sais, possible que je n'aille qu'au bout du stationnement et que je revienne.
- Je termine mon chapitre et je t'accompagne, me dit-elle avec cette fois, des points d'interrogation dans la mimique.
C'était parfait, ça me donnait le temps d'aller m'habiller
parce que j'étais encore en pyjama.
J'ai attrapé mon appareil photo et nous sommes sorties.
L'air était bon, ça faisait du bien!
- On peut aller plus loin que le bout du stationnement je crois.
On a marché devant la maison, traversé la grande rue et nous sommes allées derrière la polyvalente, histoire de voir s'il n'y aurait pas quelques sentiers de déneigés. Il n'y en avait pas.
Appuyé près d'une porte, j'ai remarqué trois palettes de bois. Je les ai remarquées car j'avais justement besoin d'une petite planche pour un projet spécial. Je n'avais pas d'outils et l'idée de trimbaler une palette jusqu'à la maison ne me plaisait guère. On a donc poursuivi notre route.
- Peut-être y a-t-il un morceau de bois dans ces conteneurs? a dit la Fée du Lac en s'approchant de l'un pendant que, amusée par l'idée, je m'approchais de l'autre.
J'ai sursauté et reculé de trois pas!
- Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce que t'as vu?
- Y'a quelque chose dedans! répondis-je sans pouvoir expliquer.
Cette fois, elle était trop intriguée, elle s'est approchée doucement et s'est penchée pour apercevoir... un tout petit écureuil apeuré.
- Pôv p'tit chou, il est coincé, il ne peut pas sortir, dit-elle toute attristée.
Nous avons alors remarqué, dans l'autre coin, la présence d'un autre écureuil... celui-là était mort.
(Je n'ai pas fait de photo de lui)
Faut le sortir de là! Mais comment?
Il y avait bien un vieux matelas derrière le conteneur,
mais il était coincé dans la glace et de toute façon trop lourd.
C'est là que l'idée de génie s'est pointée! Les palettes !
Le Fée du Lac est retournée en chercher une,
pendant que j'essayais de rassurer le petit animal.
Elle est finalement revenue avec une palette.
Nous l'avons glissée tout doucement à l'intérieur du conteneur afin de ne pas faire davantage peur au petit écureuil déjà terrorisé.
Il n'a même pas mis une minute pour grimper dedans.
Prudent, il n'est toutefois pas sorti aussitôt.
J'ai fait encore quelques photos...
puis nous nous sommes éloignées et nous
avons attendu, en silence, sans bouger.
Nous étions folles de joie,
quand nous avons vu
sa petite tête apparaître.
Il nous a regardées un instant...
Puis s'en est allé en sautillant.
Mission accomplie!
avons-nous spontanément dit en nous tapant dans les mains.
Pourquoi ai-je soudainement eu envie d'aller marcher alors que j'étais confortablement installée avec un livre intéressant? Pourquoi la Fée du Lac m'a-t-elle accompagnée? Pourquoi ai-je apporté mon appareil photo alors que j'ignorais si j'allais faire plus de quelques pas? Pourquoi ai-je remarqué les palettes? Pourquoi la Fée du Lac a-t-elle suggéré de regarder dans ces conteneurs? (Ce n'est pas dans nos habitudes, je vous assure)
Nous avions certainement une mission
et tout ce qu'il fallait pour l'accomplir,
c'est juste qu'on n'étaient pas au courant.



































